Nos comportements

Publié le 15 Août 2016

« Le cerveau humain est bien plus complexe que toutes les théories qui le décrivent ! »

Les théories sont à double tranchant. Évitons de réduire une personne à une explication. (A. Cayrol & J. de Saint Paul)

 

 

Nous venons au monde sans aucun comportement, sans aucune croyance, sans aucune valeur; ce qui présuppose que tout est apprentissage, même notre prénom est une notion que nous avons apprise, et l'ensemble de ces apprentissages façonne notre identité comme notre manière de penser.

Si un comportement est constitué par un ensemble de croyances alors, par le principe de rétro-causalité, le fait de changer un comportement implique le fait de bousculer les croyances qui sont à l'origine de celui-ci et donc de modifier notre identité.

 

 

 

     Les comportements et les processus         d'apprentissage dans l'enfance ?

« Prenons l'enfant qui vient au monde : pour construire son intelligence, il commence par fixer, dans les fibres de son cerveau, les informations qu'il perçoit du monde extérieur. Chaque image, chaque son, chaque odeur, chaque interaction laisse une trace de mémoire de l'expérience vécue en connectant des neurones dans son cerveau. Il se crée sept cent à mille nouvelles connexions à chaque seconde et cela durant les cinq premières années de sa vie.

Tout ce que nous faisons avec lui et devant lui, tout ce qu'il perçoit du monde, crée une connexion dans son cerveau. Il atteindra un million de milliard de connexions synaptiques, soit dix fois plus de connexions que le réseau internet mondial. »

Hum ! Cela donne un aperçu de la complexité du cerveau humain et des milliers de neurones actifs dans la mise en place d'un comportement. Et si nous parlions maintenant des neurones miroirs.

 

 

                    Les neurones miroirs.

Les neurones miroirs sont découverts en 1996 par un groupe de neurologues italiens dirigé par Giacomo Rizzolati. Ces neurones fonctionnent dès qu'un individu observe l'un de ses congénères réaliser une action, en imitant en quelque sorte l'action des neurones du sujet observé. Ces neurones joueraient un rôle prépondérant au niveau de l'apprentissage par imitation. Il suffit que vous me regardiez effectuer une série de gestes simples, comme par exemple, prendre un verre d'eau, le porter à ma bouche et le boire, pour que dans votre cerveau s'allument les mêmes zones que celles de mon cerceau correspondant à l'action en cours. Et, que vous le vouliez ou non, votre cerveau se met en état de vous faire faire la même chose, et donc de vous donner la même envie. Ces neurones seraient également impliqués dans le processus de l’empathie. Si je baille, il est probable que vos neurones miroirs vous fassent bailler, parce que cela n'entraîne aucune conséquence.

 

 

 

      Comportement et lien d'appartenance

Et si un comportement était un lien, une promesse, qu'il soit conscient ou non, nous liant à d'autres personnes, un lien d'appartenance.

Un jour une personne est venue me consulter, avec pour objectif de se libérer de l'anxiété. Durant la narration de son expérience anxiogène, elle me fit part d'un élément que j'ai jugé important de noter : « je suis comme ma mère, elle est anxieuse depuis toujours, je l'ai toujours connue comme ça…. ». La suite de la discussion me confirmait qu'elle avait bien appris ce comportement de sa mère et qu'à l'origine, il avait suscité attention et reconnaissance.

Le fait de modifier ce comportement a eu pour conséquence de transformer le rapport qu'elles avaient toutes les deux et, quelques mois plus tard, je reçu la mère pour régler la même problématique. Cette femme avait appris de sa fille qu'il était possible de vivre autrement.

Malheureusement, tout ne se passe pas toujours aussi bien et aussi facilement. Je me souviens d'une personne qui était venue me consulter pour de redevenir non fumeuse, elle avait déjà essayé plusieurs fois mais sans succès. Elle vivait dans une famille constituée de six autres personnes et tous fumeurs. Elle me racontait qu'à chaque fois qu'elle avait essayé d'arrêter la cigarette, son choix avait suscité, de la part des membres de sa famille, des réactions limitantes telles que « De toutes façons, tu n'y arriveras pas ! », « tu es trop faible pour ça ! », « tiens prends-en une, allez c'est moi qui te l'offre ... ». Elle était en colère, elle avait l'impression de n'être ni entendue ni comprise, sans parler de la perte de confiance que cela a suscité en elle.

 

 

 

Les comportements devenus identitaires.

« Je suis comme ceci ou comme cela.. ».

Se liber d'un comportement, c'est aussi bousculer notre identité, nos croyances, le regard que nous portons sur nous et aussi celui que nous portent les autres.

Vous remarquerez que, la plupart du temps, nous définissons une personne par ses comportements ( il ou elle est comme ci, il ou elle est comme ça...) alors que se passe-t-il quand nous changeons ? Quelles peuvent être les conséquences sur notre environnement ? Qu'allons-nous découvrir comme nouvelles capacités ?

Pour ces comportements devenus identitaires, il peut-être intéressant de passer de la dimension de « l'être » (Je suis), à celui « d'avoir », « j'ai un comportement, je ne suis pas un comportement ».

Par le jeu de la métaphore, je vous invite donc à considérer ce comportement comme un objet dont nous avons pris un jour possession et dont nous faisons le choix de nous délester. Un peu comme un enfant qui lâche un vieux jouet pour un beaucoup plus beau à ses yeux.

 

Changer ! oui mais pour aussi bien, voir mieux !

Derrière chaque comportement il y a une intention positive et parfois un bénéfice secondaire. L'inconscient est typiquement positif et s'il met en place un comportement c'est bien par intérêt ; que se soit pour se protéger, recevoir de l'amour, être entendu, être regardé, exister, trouver sa place.... pour lui tout est bon. Il vous arrive une expérience et peu importe votre âge, s'il en résulte des conséquences « utiles » alors l'inconscient apprend, teste puis valide par la mise en place d'un comportement, un programme qu'il installe sur votre disque dur, dont le seul but est de vous servir.

Je me souviens de ce jeune homme de 24 ans : il avait tellement peu confiance en lui que l'idée même de passer un examen le tétanisait au point de perdre tous ces moyens et de renoncer. Après un certain nombre de questions concernant son trouble, il me dit : «Je n'ai jamais eu confiance en moi, j'étais déjà comme ça à l'école maternelle, je parlais peu et je devais paraître tellement fragile que mon instituteur m'a pris sous son aile et m'a protégé des autres enfants ». Cette expérience lui avait permis de se sentir en sécurité et de recevoir de l'attention, ce qu'il aurait certainement perdu en ayant une attitude différente. Les années sont passées et ce comportement est resté actif comme un vieux programme installé sur un ordinateur. Il me disait : «quand je suis entouré de monde, je me sens tellement intimidé qu'il m'arrive souvent d'avoir envie de disparaître et d'ailleurs je suis en général celui que l'on oublie d'inviter, celui qui passe inaperçu. C'est pour moi difficile de rencontrer quelqu'un, je me sens souvent seul ... ». La première consultation lui a permit de faire l'expérience de la confiance, je vous laisse imaginer à quel point son monde fut bouleversé ! La seconde séance lui a permis de l'installer de manière naturelle et durable.

Qu'est ce que ce comportement me permet d'être, de faire, de recevoir ou d'éviter ? Quel serait l'inconvénient de s'en libérer ?

 

 

Les comportement sont, pour la plupart, ce que nous montrons au monde.

Ils sont une manière de communiquer avec les autres et aussi avec soi même. Cela peut être perçu comme une demande qui se manifeste parfois de manière inconsciente.

Je montre un comportement et j'attends la réaction qu'il suscite. Quelle demande suis-je en train de formuler? Que se passe-t-il quand l'autre ne répond pas à cette attente ? Comment communiquer de manière différente ?

 

Notre environnement et notre état interne influencent nos comportements.

Un comportement est « une réponse » à un stimuli interne en lien avec un élément externe.

Selon que je suis au travail, en vacances, seul, en couple, avec des ami(e)s, selon le temps qu'il fait ou la saison, si je suis en forme, fatigué, stressé, joyeux ou triste, je vais me comporter de manière différente.

Choisissez un de vos comportements, un de ceux que vous connaissez bien.

Vous avez trouvé ?

Au moment où vous le sentez venir, au moment où vous sentez cette envie se créer, sans aucune interprétation, observer ce qui se passe dans votre corps... Que ressentez-vous précisément ?

Par exemple :

A quoi ressemble votre respiration ?

Ressentez-vous une chaleur ? Des picotements ? Un resserrement ? Une douleur ? Une pression à tel endroit ou à tel autre ? Une gène particulière ? Ou bien au contraire ? .... Ou peut-être bien autre chose...

 

 

Nous mettons en place nos comportements en réaction a quelque chose ou quelqu'un, ils traduisent un besoin « d'aller vers » ou

« d’évitement ».

Observez le comportement fumeur. Vous discutez avec un ami d'un sujet intéressant, un sujet qui vous tient à cœur et à un moment donné, par réflexe ou par habitude, se crée, pour votre ami, l'envie de fumer. Alors, il détourne son attention de la conversation pour la porter sur la cigarette et après avoir expiré la fumé de ses poumons, il reprend la conversation...

Que s'est-il produit durant ce court instant qui commence juste avant que se crée l'envie de fumer et se termine juste après l'expiration ? Peut-être un besoin d’intériorisation, un temps de pause et de réflexion... Il peut y avoir de multiples raisons et ça n'a que peu d'importance. Ce qui est intéressant de retenir, c'est qu'à un moment donné, votre cerveau vous envoie un message, il vous tient informé de l'état physiologique dans lequel vous vous trouvez.

Il vous informe d'un « déséquilibre » et de la nécessité de le rétablir. La plupart du temps, cette demande s'adresse à votre inconscient, qui, en réponse, active un comportement ; celui qui lui semble le plus adapté, mais aussi celui qui lui semble le plus facile, un de ceux qu'il trouve dans la zone de confort.

 

Comportements et zone de confort.

La zone de confort représente l’ensemble des habitudes et des comportements que vous adoptez quotidiennement. Cela représente l'ensemble de vos croyances, de vos connaissances et de vos savoir-faire. C’est donc tout ce qui est routinier, habituel et toutes les choses que vous maîtrisez, qui vous sont familières. La zone de confort constitue votre quotidien, elle vous rassure et vous garantit un certain niveau de sécurité.

 

Les opérateurs modaux et les comportements.

L'opérateur modal indique une obligation, une restriction, un empêchement, la présence d'un obstacle. Mais, ces opérateurs jouent un rôle de premier plan dans la motivation et l'implication. Les opérateurs modaux définissent l'engagement dans une action, en d'autre terme ce qui déclenche notre implication dans une action et la maintient.

Les opérateurs modaux sont constitués par les verbes vouloir, pouvoir, falloir, leurs synonymes et leurs conjugaisons.

Afin de mieux comprendre leurs influences, je vous invite à faire cet exercice :

lisez les informations ci-dessous et trouvez celle que vous devez utiliser pour vous obliger à passer à l'action.

Allez Messieurs, c'est pour vous ;)

-Il faudrait que je me décide à faire la vaisselle !

-Il faut que je me décide à faire la vaisselle !

-Je dois me décider à faire la vaisselle !

-Je pourrais me décider à faire la vaisselle !

-Je voudrais me décider à faire la vaisselle !

Alors ? laquelle vous pousse à l'action ?

Nous pourrions comparer les opérateurs modaux à une sorte de moteur de nos comportements. Je vous rappelle que chaque personne est unique, si vous proposez cet exercice à vos proches, vous aurez probablement des réponses différentes.

 

Les comportements et le circuit de récompense.

Aussi appelé système hédonique, le circuit de la récompense est une partie du système nerveux central reliant certains groupes de neurones responsables de fortes sensations de plaisir et de satisfaction. C'est ce système qui contrôle les comportements utiles à notre survie. Une stratégie qu'il met en place en réponse à un stimulus sensoriel (toucher, vue, faim, soif...).

Exemple : j'ai froid, mon cerveau me pousse à l'action pour satisfaire mon besoin et mon désir de me réchauffer, alors je m'enveloppe dans une couverture bien chaude ou je me colle à une source de chaleur. Cette action est récompensée par une sensation de plaisir et ce sentiment de satisfaction vient mettre un terme à cette action.

Le circuit de la récompense s’est donc développé pour favoriser les comportements reliés à mes besoins fondamentaux.

Ce circuit s’est ensuite élargi pour nous inciter à répéter les expériences plaisantes apprises au cours de notre vie. Il en résulte parfois des comportements addictifs, comme ceux liés à la nourriture, à l'alcool, à la cigarette, aux jeux, à la drogue....

exemple : « je viens de fournir un travail qui m'a pris beaucoup d'attention et je suis content d'avoir enfin terminé, alors je décide de me récompenser avec un petit carré de chocolat. ».

Le chocolat devient symbole de récompense, un réflexe qui s'installe et qui peut devenir limitant dans le temps, en générant des problèmes de santé et de surpoids.

« Voilà, sur ces mots, je termine mon article sur le thème « nos comportements », j'espère que cela vous a plu. Il est temps pour moi, d'aller manger un petit carré de chocolat ;)

A bientôt.

 

Rédigé par Alfred Delsinne

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article